Une bio-éthique internationale est elle possible ?
octobre 2008
Les 1er et 2 septembre 2008, plusieurs Comités nationaux d’éthique se sont rencontrés à Paris pour leur 7ème sommet mondial. Le principe même de cette rencontre interroge sur la possibilité de développer une bioéthique commune à des cultures donc à des mentalités très diverses.
Pendant la conférence de presse, Pierre Le Coz, membre du CCNE (comité consultatif national d’éthique) français, a proposé un exercice pratique en distinguant 4 courants sur le problème de la recherche sur l’embryon humain.
Pour le courant libéral, dont la valeur suprême est la liberté, elles sont licites.
Pour le courant "français", la vie doit être respectée dès son commencement, mais des dérogations à ce principe sont possibles ; il est par exemple possible d’expérimenter sur des embryons surnuméraires, mais interdit de créer des embryons à cette fin.
Le courant qui sacralise la vie humaine dès son commencement interdit logiquement la recherche sur l’embryon et l’avortement.
Pour le courant que l’on pourrait appeler pragmatique, le problème est une question de luxe : le manque d’argent interdit de se la poser concrètement. Le véritable problème est celui de l’accès aux soins.
Pierre Le Coz en conclut logiquement qu’il est très difficile, voire impossible, de construire une normativité commune à tous les pays en matière d’éthique. En revanche, il est possible de dégager des orientations communes :
le partage des savoirs scientifiques ;
le partage des acquis médicaux ;
le respect de la laïcité dans la prise de décision (une orientation religieuse ne peut pas servir de fondement commun) ;
le respect du consentement des personnes, au fondement même de la bioéthique à la suite des procès de Nuremberg (procès des responsables nazis après la seconde guerre mondiale) ;
la gratuité du patrimoine génétique et des corps humains, qui ne peuvent pas être transformés en marchandises.
La question d’une éthique commune renvoie elle-même au débat maintenant ancien sur l’universalité ou l’irréductible diversité de celle-ci, mais réactualisé du fait de l’accroissement contemporain des échanges à l’échelle mondiale, dont l’intensité est sans précédent dans l’histoire.
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