Un programme britannique pour les adolescentes enceintes
mai 2007
Vu dans le JIM (Journal international de médecine) n° 860 du 18 mai 2007, un article au titre style "presse à scandale" pour un contenu néanmoins intéressant : " En Grande-Bretagne, la prévention de la délinquance commence seize semaines après la conception !"
Extraits du contenu :
" Dans un pays où le nombre de grossesses chez les adolescentes demeure l’un des plus élevés d’Europe et où les visites des services sociaux à ces jeunes filles en difficulté ont diminué, faute de budget, le gouvernement lance le « partenariat infirmière famille ». Dès la seizième de grossesse, les femmes présentant des difficultés sociales seront l’objet d’un programme de surveillance et de soutien intensif. Toutes les semaines, assistantes sociales, infirmières ou sages-femmes se relaieront auprès de ces jeunes femmes « à risque », afin de les épauler dans différentes entreprises difficiles. Il pourra par exemple s’agir d’accompagnement au sevrage tabagique, voire dans des cas plus complexes de programme de désintoxication aux drogues dures. Après la naissance de l’enfant, les rencontres seront bi-mensuelles et seront destinées à renforcer le lien affectif entre la mère et son nourrisson.
Doté de 11 millions d’euros, ce programme lancé dans les dix régions les plus pauvres du royaume, s’appuie sur les résultats d’expériences similaires menées aux Etats-Unis, qui affirment qu’un tel accompagnement permet aux enfants une meilleure acquisition du langage, de meilleurs résultats intellectuels et un risque moindre de souffrir de troubles du comportement. Cependant, malgré l’enthousiasme de certains pédiatres britanniques, l’annonce de ce programme n’a pas manqué de susciter les critiques de plusieurs associations, qui craignent notamment la stigmatisation des « mères à risque ».
Et de commenter : " Ces inquiétudes rappellent celles qui avaient accompagné le projet (avorté) de l’ancien ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui proposait un dépistage des troubles de conduite dès l’âge de trois ans. Le programme de Tony Blair (dont se réclame le nouveau chef de l’Etat) semble cependant animé par une volonté préventive qui n’apparaissait pas immédiatement dans les dispositions soutenues par Nicolas Sarkozy."
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