Toxicomanie : trouble du comportement ou maladie chronique ?
novembre 2011
Le débat sur les centres d’injection supervisés illustre deux voies d’approche dans la prise en charge des toxicomanes. Pour l’Ordre national des médecins, ces centres sont « dangereux » parce qu’ils « lèvent un interdit », « brouillant ainsi le message pour les jeunes générations », et surtout parce qu’ils supposent la « caution par un médecin de l’utilisation de drogues illicites. » L’Ordre soutient une approche sociale et promeut une « intensification de l’existant. »
Dans une tribune publiée par le journal Libération, six personnalités dénoncent le point de vue « idéologique » au profit d’une approche « scientifique » : pour eux, la toxicomanie doit être considérée comme une maladie chronique. Les centres d’injection ne sont pas une « solution miracle », mais, comme vient de l’a montré un travail mené à Vancouver et publié dans le Lancet, ils diminuent le risque de surdosage, facilitent l’entrée dans une filière de soins et même améliorent les relations entre « patients » et habitants du quartier où le centre est implanté. L’important n’est pas d’être « pour ou contre », mais d’adopter une démarche de santé publique « basée sur des preuves », en l’occurrence ici d’évaluer l’efficacité de ces centres.
En tout cas, les deux parties rejettent une approche exclusivement répressive. Celle-ci est également dénoncée dans un éditorial du New-York Times : lancée internationalement par le président Richard Nixon il y a 40 ans, la « guerre contre la drogue » est non seulement un échec patent, et extraordinairement coûteux, mais un désastre en termes de droits de l’homme. Nous sommes aux États-Unis : ce sont les Noirs qui en ont fait majoritairement les frais.
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