Système de santé américain : pas si mauvais que ça ?
octobre 2009
La cause semble entendue : sous le rapport qualité/prix, le système de santé américain est le plus mauvais du monde développé. Par rapport aux pays européens, il dévore une part plus importante du PIB, pour un nombre considérable de citoyens non assurés et une espérance de vie moindre. Jugement hâtif, estime le Dr Samuel H. Preston, démographe et un des meilleurs experts des taux de mortalité par maladie. Certes, le système coûte beaucoup trop cher et beaucoup trop de traitements inutiles sont prescrits. Mais le vrai problème, c’est qu’autour de la cinquantaine, les Américains sont bien plus souvent malades que les autres, pour un tas de raisons : ils mangent mal, ils sont plus gros, et surtout, jusqu’en 1985, ils ont fumé largement plus que les autres Occidentaux.
Le problème principal n’est donc pas le système de santé. Depuis 1965, tous les Américains de plus de 65 ans sont couverts par le système d’assurance maladie Medicare. Or avant cette date, ce sont déjà les patients d’âge moyen qui mouraient le plus et les patients de plus de 75 ans avaient déjà, comme aujourd’hui, une des meilleures espérances de vie au monde. Aux Etats-Unis, le dépistage pour de nombreux cancers, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’ostéoporose et les maladies respiratoires est bien meilleur qu’en Europe.
Le nombre de fumeurs ayant diminué de manière bien plus drastique aux Etats-Unis que partout ailleurs, le Dr Preston parie que dans quelques années, le retard dans l’espérance de vie des Américains se sera considérablement réduit.
New-York Times. 22 septembre 2009. To Explain Longevity Gap, Look Past Health System. Par John Tierney.
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