Sport et santé sont dans le même bateau, ...
septembre 2007
Dans Libé du 15 août, Alain Loret, professeur des universités en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) à Rouen, défend l’idée d’associer sport et santé comme " un autre exemple de la volonté d’ouverture à gauche " de Nicolas Sarkozy à l’histoire de la gauche : l’idée en revient en effet à une figure emblématique de celle-ci, Léo Lagrange. Il prédit que la comparaison sera difficile à tenir pour son successeur. Mais les temps ont changé. " En réalité, ce n’est pas un secrétariat d’Etat aux sports mais plutôt à « l’activité physique » qu’il aurait fallu lui confier. (...) Ce « sport du quotidien » supposerait un changement complet de perspective valorisant, notamment, un rapport au corps soucieux de sa préservation pour vivre mieux et non pas de son exploitation pour « performer ». "
Dans le même numéro, Alain Calmat, ancien champion du monde de patinage artistique, chirurgien, ancien ministre délégué à la Jeunesse et aux Sports et j’en passe, s’interroge : " Cette évolution vers plus de santé dans et par le sport est une justification de l’implication du ministère de la Santé dans le sport. Mais cela est-il suffisant pour affirmer cette prépondérance ? (...) d’autres enjeux s’imposent : le sport pour chacun." Pour cela, il faut non seulement développer les équipements, mais relancer le sport éducation, notamment à l’école primaire, et affirmer " l’exigence d’éthique dans le sport de haut niveau, moteur essentiel pour le développement de la pratique sportive."
Le 21 août, toujours dans Libé, Yann Lasnier (Fédération nationale Léo-Lagrange) s’élève contre un parallèle qu’il juge abusif : ” Seul point commun de deux itinéraires en totale opposition, le rattachement au ministère de la Santé.” Et il ajoute : “ Les positions de Léo Lagrange, en 1936, avaient comme aspirations profondes et permanentes la joie, le droit au bonheur, la conquête de l’émancipation et de la dignité. La fonction éducative et sociale du sport fait aujourd’hui figure de parent pauvre des politiques publiques qui, à l’inverse, érigent l’exploit individuel et collectif en critère d’évaluation dominant. (…) Les politiques de jeunesse sont à chaque fois les grandes oubliées et expriment le peu de cas que l’on fait d’elle en les réduisant à un public et des pratiques.“
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