Santé mentale au travail : une étude aux résultats incontestables
février 2009
La revue Santé et Travail publie dans son numéro de janvier les premiers résultats d’une enquête sur la santé mentale au travail, Samotrace, dont l’ampleur en fait une première en France. Elle a en effet été conduite par 120 médecins du travail auprès de 6 000 salariés dans trois régions, entre 2006 et 2008. Couvrant tous les secteurs d’activité et utilisant des questionnaires validés scientifiquement, ses résultats supportent difficilement la contestation. En montrant que l’influence des conditions de travail est déterminante pour le bien-être des personnes, ils affaiblissent les théories sur la primauté de la fragilité personnelle ou des difficultés rencontrées à l’extérieur de l’entreprise, même s’il n’est bien entendu pas question de les nier.
Les facteurs les plus délétères sur le sentiment de bien-être sont le déséquilibre entre efforts et récompenses, le surinvestissement dans le travail, une pression psychologique forte de la part de l’employeur ou de l’encadrement, un faible soutien social et une façon de travailler qui heurte la conscience professionnelle. Chez les femmes, il faut y ajouter les menaces ou humiliations (voire les violences physiques) sur le lieu de travail, deuxième en importance après le déséquilibre efforts/récompenses.
Ces facteurs ne jouent pas avec la même intensité selon le secteur d’activité et, pour celui-ci, selon le sexe. On notera quand même que certains secteurs semblent plus particulièrement concernés : les activités financières, la production et distribution d’eau, de gaz et d’électricité, la santé et l’action sociale, les services collectifs, sociaux et personnels, l’administration publique.
Mais attention ! il s’agit de moyennes. Les résultats ne doivent pas être appliqués mécaniquement à toute entreprise de tel secteur : chacune est un cas particulier. En revanche, l’étude fournit de bonnes bases de réflexion. Et va sans doute contribuer à décridibiliser un peu plus le fameux "indicateur global de stress" préconisé par le rapport Légeron-Nasse publié en mars 2008.