Réforme du système de santé américain : un test grandeur nature
octobre 2009
L’État du Massachusetts est célèbre non seulement parce qu’il abrite le prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology), mais aussi parce que depuis trois ans, il s’est doté d’un système de protection sociale qui permet à 97 % de sa population de disposer d’une assurance maladie, contre 84 % en moyenne aux États-Unis. Le dispositif adopté est très proche de ce que propose Barack Obama pour réformer le système de santé américain. Dans l’intense débat actuel, il constitue un test grandeur nature, bien que, depuis quelques semaines, de nombreux détracteurs du plan présidentiel se soient engagés dans la voie de la calomnie : certains vont jusqu’à l’accuser de conduire à la sélection des patients qui doivent mourir !
Les opposants raisonnables font remarquer que le projet du Massachusetts est déjà sur la voie de l’échec, puisque l’État a dû exclure quelques milliers d’immigrants du remboursement pour les frais dentaires, les soins infirmiers spécialisés et les frais d’hospice. Mais les promoteurs du plan se défendent en faisant remarquer que tous les budgets ont été réduits dans tout le pays du fait de la crise économique, que les dépenses sont malgré tout restées dans les limites des prévisions et que même les employeurs soutiennent la réforme, y compris dans les petites entreprises pourtant bien plus sensibles à l’augmentation de leurs frais. Au total, leurs dépenses sont supérieures aux subventions fédérales (le plan est financé en partie par des crédits votés par le Congrès).
Enfin, les défenseurs du Massachusetts avancent que le principal problème est celui de l’inflation des dépenses médicales provoquée par le paiement à l’acte (« fee-to-fee »). Ils proposent de mettre en place un système de rémunération par forfait, en espérant que les médecins choisiront de ne recevoir leurs patients que dans la mesure où c’est nécessaire, ce qui leur permettrait également de travailler moins.
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