Réforme de l’Université et facs de médecine
juillet 2007
Dans le Figaro du 19 juin 2007 : « L’université Jiao Tong de Shanghaï, qui publie chaque année depuis 2003 un classement des 500 premières universités mondiales, s’est attachée pour la première fois à décliner une nomenclature plus fine, par grandes thématiques. Le constat est particulièrement peu glorieux pour la France en médecine et en pharmacie, domaines dans lesquels aucune université française ne figure parmi les cent premières mondiales ! (…) Le classement de Shanghaï se fonde sur un certain nombre de critères dont le nombre de prix Nobel et de médailles Fields, la fréquence de citations des chercheurs ou le nombre d’articles référencés dans les « meilleures revues » spécialisées.
Ces nouveaux classements devraient faire hurler dans les milieux universitaires français, même si nombreux sont les présidents d’université qui en reconnaissent aujourd’hui l’impact. Ce classement est-il légitime ? Là n’est pas la question, répond Bertrand Bellon, professeur d’économie à Paris-XI. (…) En quelques années, ces divers classements (Shanghaï, Financial Times, Webometric, etc.) se sont imposés dans le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Il faut donc faire avec. »
Dans le Monde du 10 juillet 2007 : " Sans remettre en cause les principes de cette réforme, doyens et directeurs (des facultés de médecine et pharmacie) considèrent qu’elle ne prend pas en compte la spécificité de leur filière qui associe étroitement la formation et la recherche au fonctionnement des hôpitaux. Ils redoutent de se retrouver sous une tutelle - celle des présidents - qui s’affranchirait de la collaboration avec les hôpitaux. (...) Placées sous la double tutelle des ministères de l’enseignement supérieur et de la santé, les 44 facultés de médecine qui comptent 9 400 médecins pour plus de 90 000 étudiants, bénéficient de dispositions dérogatoires. C’est le cas depuis la création des CHU en 1958, puis avec la loi Savary de 1984, qui régit la double appartenance, universitaire et hospitalière."
Dans Libération du 12 juillet 2007, un point de vue très proche de nombreuses associations d’étudiants en médecine, sous le titre "Qui veut la peau de la médecine française ?". extraits :
" La médecine est une filière universitaire d’orientation professionnelle qui mérite donc une autonomie du fait qu’elle fonctionne différemment des autres composantes de l’Université. De cette biappartenance des facultés de médecine, découle une tutelle de deux ministères : le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministère de la Santé. Cette spécificité est propre aux cursus médicaux et paramédicaux. La réforme va réduire ce lien en renforçant le poids de l’université. Pourtant, il est essentiel de renforcer le lien avec le monde de la santé, car c’est dans celui-ci que seront projetés les futurs professionnels de santé. (...)
Nous tenons plus particulièrement à insister sur le droit des facultés de médecine de recruter leur personnel enseignant et donc soignant. Il est important qu’elles puissent veiller à ce que les postes de ces acteurs principaux du système de soins soient répartis au mieux au sein des facultés et des centres hospitaliers universitaires (CHU), afin d’assurer aux patients une qualité de soins des plus nobles et de préserver une formation pointue des médecins de demain.(...)
Que se passerait-il dans les CHU si un président d’université décidait de privilégier une autre filière aux dépens de la médecine ?"