Les dépenses de médicaments remboursables en 2006
septembre 2007
Dans Etudes et Résultats n°590 (août
2007). Extraits :
En 2006, le chiffre d’affaires du médicament
remboursable1 a atteint 18,1 milliards d’euros (en prix
producteur hors taxes, encadré 1).
La hausse enregistrée
(+0,9 % entre 2005 et 2006)
a
été très inférieure
à celles des années
précédentes : depuis 2000, les taux
de croissance annuels ont oscillé en effet entre +4,6 % et
+7,1 %. Le ralentissement de la croissance du marché
pharmaceutique en 2006
s’explique par les déremboursements ou les
changements de taux de remboursement de certaines classes
thérapeutiques, la montée en charge des
génériques (notamment dans des
classes très vendues),
la
diminution de 15 % des prix sur le répertoire
générique et la réduction en volume
des ventes de certains médicaments, à relier avec
l’objectif de maîtrise
médicalisée des dépenses de
l’assurance maladie.
En 2006, le marché des médicaments remboursables
est resté dominé par un nombre restreint de
produits et de classes thérapeutiques. Sur les 348 classes
thérapeutiques comprenant des médicaments
remboursables, 25 concentraient 49 % du chiffre d’affaires
global en 2006. L’année
précédente, 21 d’entre elles figuraient
déjà parmi les 25 classes ayant les plus fortes
parts de marché.
Parmi les dix classes thérapeutiques qui contribuent le plus
à la croissance des ventes en 2006, trois n’y
figuraient pas en 2005 : les médicaments des
désordres musculaires et des squelettes (traitement de
douleurs articulaires), les inhibiteurs de la protéase
(traitement de l’infection à VIH) et les
anticholinergiques seuls à associer (traitement de
l’asthme).
Les dix classes thérapeutiques qui ralentissent le plus
l’évolution globale des ventes pharmaceutiques
représentaient 14 % du chiffre d’affaire total en
2006. Leur impact négatif (-3,0 points) est
particulièrement élevé : depuis 1999,
il n’excédait pas -1,7 point. Elles sont
principalement destinées au traitement des appareils
cardio-vasculaire, au système nerveux central et au
traitement des infections.
La réduction des prescriptions d’antibiotiques
était un autre objectif de la maîtrise
médicalisée des dépenses de
l’assurance maladie. Trois classes d’antibiotiques
(macrolides et apparentés, céphalosporines orales
et Pénicillines à spectre large oral) ont ainsi
enregistré une forte contribution négative,
liée principalement à une diminution du nombre de
boîtes vendues ainsi qu’à la part
relativement importante des génériques au sein de
ces classes.
Ce sont les produits
introduits depuis moins de deux ans qui ont tiré le
marché, avec une contribution de 5,4 points.
Inversement, ceux qui ont été mis sur le
marché depuis plus de dix ans ont eu un impact
négatif sur les ventes globales (-7,7 points).
En 2006, ce sont surtout les nouvelles présentations de
produits déjà existant, avec
l’arrivée des conditionnements de trois mois, qui
expliquent le dynamisme des nouvelles présentations.
Le marché pharmaceutique français
(médicaments non remboursables compris) se compose
principalement de médicaments remboursés par la
Sécurité sociale à 65 %, lesquels
représentent en 2006 plus d’une
présentation sur deux . Ces présentations
concentrent 71 % des ventes et contribuent à 2,0 point de la
croissance globale du marché.
Les présentations
remboursées à 65 % restent donc
celles qui ont
l’impact le plus dynamique, même si
leur contribution se réduit d’années en
années.
La part des
génériques dans le total des ventes reste encore
modeste en comparaison avec d’autres pays européens.
En 2005, les génériques représentaient
8 % des ventes globales et 15 % du nombre total de boîtes
vendues (respectivement 9 % et 18 % en 2006). Pour mémoire,
aux Pays-Bas, une boîte sur deux de médicaments
vendue en 2005, est une boîte de médicaments
génériques.
La mise en place du tarif forfaitaire de responsabilité a
favorisé la baisse du prix des princeps. Ceux-ci ont
tiré le marché à la baisse en 2006
(contribution de -4,4 points).