L’organisation apprenante préserve la santé au travail
mai 2007
Dans Entreprise & Carrières du 17 avril 2007 (n° 853), un interview de Antoine Valleyre, chercheur au Centre d’études de l’emploi : " L’organisation apprenante préserve la santé au travail." Extraits :
" Le taylorisme est encore loin d’être une forme surranée d’organisation. Parmi les entreprises l’ayant abandonné, la situation est contrastée. Celles organisées en lean production (flux tendus, polyvalence, travail en équipes, racourcissement des lignes hiérarchiques, qualité totale, ...) ont vu les conditions de santé et de sécurité des travailleurs se détériorer du fait d’une intensification du travail. (...) Faute de temps, on oublie de respecter les postures les mieux adaptées, les contraintes physiques et les précautions à prendre pour éviter les risques physico-chimiques.
(...) Au contraire, dans des organisations inspirées du modèle sociotechnique scandinave (organisations apprenantes), où la polyvalence s’accompagne d’une véritable autonomie dans les rythmes et les procédures, on a pu observer de meilleures conditions de travail et de santé.
(...) Les pays où prédominent les organisations du travail apprenantes sont aussi les plus régulés et ceux où les dispositions législatives sont les plus avancées en matière de prise en compte des questions de santé et de sécurité au travail.
(...) En France, dans un contexte où les conditions de travail tendent à passer au second plan par rapport aux questions d’emploi, les innovations (...) se sont faites principalement en lean production. (...) les entreprises se sont mobilisées sur leurs résultats et, depuis les lois Auroux, les innovations se sont raréfiées concernant des formes organisationnelles capables d’optimiser la qualité de vie au travail."
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