L’influence des souffrances psychiques sur les opinions et les attitudes
mai 2008
Dans ses Cahiers de recherche (numéro 240) de décembre 2007, le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) publie une
étude téléchargeable gratuitement
sur " l’influence des souffrances psychiques sur les opinions et les attitudes." Voici quelques extraits de la note de synthèse.
" Dans la période récente (2005 – 2007), 42% des enquêtés se plaignent de nervosité, 33% déclarent des problèmes d’insomnies et 14%, enfin, parlent d’état dépressif. Il n’est pas rare que ces trois maux se superposent : au total, seulement 45% des enquêtés ne souffrent d’aucun de ces symptômes. En réalité, 30% en déclarent un, 17% deux, tandis que 8% des résidents cumulent les trois maux.
Les femmes au foyer et les chômeurs présentent des taux bien supérieurs à la moyenne. Par exemple, 49% des femmes au foyer se plaignent de nervosité (+ 7 points par rapport à la moyenne), 42% font état d’insomnies (+ 9 points) et 24% déclarent souffrir d’un état dépressif (+ 10 points). Les personnes ayant charge d’enfants présentent un taux de nervosité élevé (environ 5 points de plus que la moyenne), tandis que les titulaires de bas revenus sont plus touchés par la dépression (21%, contre 14% en moyenne).
Déclarer souffrir de tels symptômes va de pair avec un certain pessimisme économique, une intensification des inquiétudes et une critique plus vive du fonctionnement des institutions. Afficher de tels symptômes amplifie donc ce qu’on appellera un certain malaise sociétal. C’est le fait de souffrir de nervosité qui paraît avoir le plus d’effet sur les trois domaines évoqués
(moral économique, inquiétudes, critiques institutionnelles), suivi par l’état dépressif.
Subir un ou plusieurs des trois maux évoqués contribue également à infléchir significativement les opinions concernant les inquiétudes et le sentiment d’insécurité. "
Mais " on ne constate pas, sur les 25-30 dernières années, une augmentation significative des souffrances psychiques déclarées." De plus, " il y a une quinzaine d’années, on percevait déjà une nette influence des symptômes ressentis sur les attitudes et sur les opinions. (…) Cette influence s’est certes globalement accrue depuis, mais on ne peut pas dire qu’il y aurait là la source principale de la montée récente de la morosité hexagonale.
On notera cependant qu’en quinze ans, les différents maux ressentis ont vu leur influence relative se modifier. En l’occurrence, au fil du temps, l’insomnie a perdu de son pouvoir explicatif tandis que la nervosité et l’état dépressif ont vu le leur progresser sensiblement."
Les trois symptômes (nervosité, état dépressif, insomnies n’influent guère sur les autres thèmes étudiés : sociabilité, jugements sur les politiques sociales, opinions relatives à la famille et aux mœurs, nouvelles technologies et environnement.