L’image du sida commence à changer en Afrique
mai 2008
C’est le titre d’un
article du Journal du sida
(association
ARCAT
signalé par la
lettre de l'URACA de mars 2008
). Extraits :
" Les progrès dans l’accès aux traitements contre le sida, grâce notamment à la gratuité des antirétroviraux dans plusieurs pays d’Afrique et à la décentralisation des soins vers les campagnes, commencent à faire changer l’image de la maladie sur ce continent très frappé par la pandémie.
Au Cameroun, ce n’est plus comme avant, les gens parlent entre eux, y compris les femmes enceintes », mais la peur du rejet subsiste, explique une militante associative.
Le nombre de malades sous trithérapie a plus que triplé en deux ans, passant cet été à 37 000, soit un tiers des adultes qui en ont besoin d’urgence. Mais le coût des trajets vers l’hôpital ou des examens restent un frein au suivi du traitement, tout comme le recours à des marabouts promettant des « miracles ». Au Cameroun, où il n’y a qu’un médecin pour 30 000 habitants en zones rurales, des infirmières assurent une part importante du suivi des malades dans la centaine d’unités de prise en charge décentralisée, renouvelant elles-mêmes les ordonnances d’ARV, sauf quand un bilan biologique est nécessaire.
Le Malawi, qui a lancé en 2004 un programme de distribution gratuite d’ARV, compte actuellement plus de 110 000 adultes et près de 20 000 enfants sous trithérapie. Le gouvernement espère doubler ces chiffres d’ici 2010. Dans ce pays de 12 millions d’habitants qui ne compte que 150 médecins inscrits dans le secteur public, il a fallu innover pour élargir l’accès aux ARV via 144 centres de distribution dans tout le pays, contre 36 en 2004. Le manque de médecins dans de nombreux pays d’Afrique oblige à donner davantage de responsabilités à d’autres professionnels de santé.
Au Botswana, où 17 % de la population est infectée par le VIH, le premier programme de distribution d’ARV gratuits a été lancé dès 2001. Près de 90 000 personnes en bénéficient, soit 85 % des séropositifs en ayant besoin.
Seuls 8,5 % des patients sous trithérapie depuis 2002 sont décédés, selon l’Agence nationale de coordination sur le sida (NACA).
Malgré la baisse des décès, des tabous persistent. De crainte d’être stigmatisés, plus de 70 % des Botswanais n’ont pas eu recours au dépistage. Des joueurs de l’équipe nationale de foot, les Zébras, se sont rendus dans les campagnes pour se faire dépister et encourager les hommes à faire de même. Une distribution gratuite est également assurée dans d’autres pays (Sénégal, Tanzanie, Ethiopie, au Zimbabwe où le taux de prévalence de l’infection a chuté). En Afrique du Sud, où la mise en place a été lente, seulement 21 % des malades en ayant besoin d’urgence reçoivent des ARV."