IVG et contraception : un problème de prescription et/ou d’information ?
juin 2007
Dans la Croix du 5 juin 2007, présentation de l’étude INPES/BVA "Les Français et la contraception" menée en février 2007 auprès d’un échantillon de 2.004 personnes.
" Une étude qui montre que la France enregistre toujours le même nombre d’interruptions de grossesse, soit un peu plus de 200 000 par an." (pas vraiment ... : l’étude porte sur la contraception et est motivée en partie par l’interrogation sur la persistance d’un nombre élevé d’IVG alors que les moyens contraceptifs modernes sont largement répandus. La conférence de presse montre les deux théories en présence, complémentaires : inadaptation de l’information ou de la prescription. Je reviendrai plus tard sur les travaux de Luc Boltanski -"La condition foetale"- et de Paul Yonnet -"Le recul de la mort"-, qui montrent que les choses sont plus compliquées).
Face à une offre très diversifiée de moyens contraceptifs (pilule, stérilet, implant, patch ou encore anneau contraceptif), la prescription fait preuve d’une trop grande "rigidité", a précisé Nathalie Bajos, directrice de recherche de l’Inserm. (...) Car si l’absence de contraception est à l’origine de 28% des IVG, plus de la moitié des femmes ayant eu recours à l’IVG utilisaient des contraceptifs efficaces. (...) Il serait bien que la diversité des moyens contraceptifs puisse s’accompagner d’une diversité des logiques de prescription. (...) Le fait est qu’aujourd’hui, après l’utilisation du préservatif en début de sexualité, la pilule est quasiment systématiquement prescrite aux couples, avant d’être relayée par le stérilet, du moins après la naissance de deux enfants.
Dans Libération du 7 juin 2007 : " « L’offre n’est pas assez adaptée au mode de vie et à la vie sexuelle de chacune des femmes », explique la chercheuse."
L’article précise : " En 2005, les trois quarts des femmes de 15 à 54 ans sexuellement actives utilisaient une méthode anticonceptionnelle (petit rappel : en 1978, une femme sur deux comptait sur le retrait pour ne pas tomber enceinte). La pilule est de loin le contraceptif le plus répandu en France (60 % chez les femmes qui déclarent vouloir éviter une grossesse). Surtout, c’est le moyen préféré des jeunes (88 % des 20-24 ans). Vient ensuite le stérilet, adopté par 24,5 % des Françaises. Mais il est très rare chez les moins de 30 ans ou chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfant. Les nouveaux produits sont moins populaires : l’implant, par exemple, concerne 1,3 % des femmes."