Handicaps auditifs : les inégalités sociales et de sexe y jouent aussi un rôle
septembre 2007
Dans
Etudes et Résultats
n° 589 d'août 2007, un travail sur les
handicaps auditifs,
qui montre que
les
inégalités sociales et de sexe y
jouent aussi un rôle.
Extraits :
En France
métropolitaine, 5 182 000 personnes ont un handicap auditif,
dont 303 000 souffrent d’une déficience auditive
profonde ou totale.
La fréquence des déficiences auditives augmente
fortement à partir de la quarantaine. Les
déficients auditifs sont
très
majoritairement des personnes âgées :
deux sur trois sont âgés de 60 ans et plus, un sur
trois de 75 ans et plus. les déficiences auditives sont
plus fréquemment
déclarées par
les
hommes que par
les
femmes. Ces disparités concernent uniquement
les adultes, principalement les plus de 50 ans Une
exposition aux bruits
professionnels plus importante pourrait expliquer en
partie ce constat. Les hommes sont en effet plus nombreux que les
femmes à travailler dans les secteurs
d’activité les exposant de façon
prolongée aux bruits intenses À structure par
âge identique, la prévalence de la
déficience auditive est plus élevée
chez les personnes de
milieu ouvrier que chez les personnes de milieu
« cadres et professions intermédiaires
». Là aussi, une exposition accrue aux bruits
professionnels chez les ouvriers pourrait jouer un rôle
à cet égard.
Près de quatre déficients auditifs sur cinq
déclarent également une ou plusieurs autres
déficiences, le plus souvent des déficiences
motrices (44 % des déficients auditifs), des
déficiences viscérales ou métaboliques
(40 %) et des déficiences intellectuelles ou du psychisme
(35 %). Le poids relativement élevé de ces
déficiences associées ne résulte donc
pas seulement de la forte proportion de personnes
âgées parmi les déficients auditifs, ou
encore d’une surreprésentation chez ces derniers
des catégories sociales moins favorisées. Il est
probablement également lié à
d’autres mécanismes qui restent encore
à identifier
En l’absence de déficience associée,
les déficients auditifs ne déclarent pratiquement
jamais d’incapacité sévère
dans la vie quotidienne. Mais lorsque d’autres
déficiences sont associées, la
déficience auditive majore le risque de déclarer
une incapacité sévère, ressentie pour
la plupart des activités de la vie quotidienne.
La prévalence des déficiences auditives est
presque deux fois plus élevée en institution
qu’en domicile ordinaire ; cependant, 95 % des
déficients auditifs vivent en domicile ordinaire.
Ces handicaps entraînent des problèmes
spécifiques dans l’accomplissement de la
scolarité :
les
déficients auditifs terminent leurs études avec
un niveau de qualification plus faible que l’ensemble de la
population.
« Toutes choses égales par ailleurs »,
les femmes ayant une déficience auditive profonde ou totale
ont un risque accrû d’isolement relationnel par
rapport à celles qui n’ont pas de
déficience auditive. Ce risque est multiplié par
deux en domicile ordinaire et par 1,4 en institutions. Les hommes
déficients auditifs n’ont en revanche pas plus de
risque d’isolement relationnel que les
non-déficients auditifs.
Les
restrictions
d’accès à l’emploi
(proportion d’inactifs de 15 % contre 3 %)
et de participation aux loisirs,
ainsi qu’un
isolement
relationnel (surtout
pour les femmes) constituent les principales
difficultés associées à ces
déficiences auditives. Les aides techniques
destinées à compenser ce handicap sont peu
utilisées. Enfin, environ 119 000 personnes utiliseraient la
langue des signes en France métropolitaine.