Faut il sauver le soldat OMS ?
novembre 2011
L’OMS traverse une crise grave, morale et financière. La pandémie de grippe A/H1N1 a exacerbé les soupçons de collusion de ses experts avec l’industrie productrice de vaccins. Son budget public a été amputé de près d’un quart. Son financement dépend aujourd’hui en grande partie de fonds privés. La liste peut s’allonger : fonctionnement bureaucratique, insatisfactions quant à la représentation des pays bénéficiaires et des pays donateurs, etc. Ces critiques sont elles fondées ? Faut il renoncer à la seule institution internationale de santé publique, dont la compétence est largement reconnue malgré les critiques nombreuses qui l’assaillent ?
Dans un livre passionnant, Yves Beigbeder, qui connaît l’institution de l’intérieur, en donne un portrait sans complaisance, mais la juge indispensable et irremplaçable. Pour lui, elle a certes besoin de réformes profondes, mais surtout d’une clarification de ses objectifs, à l’heure où les organisations de santé d’échelle mondiale se multiplient. Celle-ci ne dépend pas seulement des qualités de sa directrice générale, mais surtout de la volonté politique des États membres (193 en 2011). Ce qui suppose un retour en arrière critique sur les orientations données à l’organisation depuis une dizaine d’années, plus orientées sur l’initiative des entreprises privées que sur un volontarisme public.
Yves Beigbeder. L’OMS en péril. Éditions de santé, 2011. 18 euros, 152 pages.
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