Des familles à deux mamans
novembre 2011
Les familles homoparentales sont assez peu étudiées en France, pour une raison très simple : elles ont peur de donner prise à la stigmatisation, voire à des poursuites en justice, si elles se confient à des chercheurs. Virginie Descoutures a tout de même réussi à s’entretenir longuement avec 48 femmes vivant en couples « lesbiens » et ayant des enfants. Pour Jennifer Merchant, qui rend compte de son livre sur le site de la Vie des Idées, deux grandes leçons sont à en retenir. La première est que, ostracisme mis à part, ces familles ont les mêmes soucis et les mêmes bonheurs que les familles « hétéronormées », pour suivre le jargon sociologique français. Les enfants auraient même tendance à être plus épanouis et à mieux travailler à l’école : leurs parents mamans s’engagent à fond pour que tout se passe bien dans leur famille.
La seconde leçon est que dans ces familles, les grands discours sur le papa symbole de l’autorité et la maman foyer de tendresse n’ont bien évidemment aucune raison d’être et laissent place à des distributions de rôles beaucoup plus simples et pragmatiques. Elles se font sur les notions de disponibilité (notamment de temps, en fonction des professions respectives des deux parents) et de compétences (le ménage, la cuisine, les devoirs, etc). Autrement dit, les familles à père et mère ont beaucoup à apprendre de celles à deux mamans.
Enfin, les médecins seront sans doute heureux d’apprendre que c’est notamment grâce à eux que ces mamans se sentent reconnues « socialement », à défaut de l’être juridiquement.
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