Contraception papale et masturbation médicale
octobre 2008
La lettre d’information de Contact Génétique du 6 octobre 2008 donne l’interprétation pontificale (celle du pape actuel, Benoît XVI) de l’encyclique Humanae Vitae, qui porte entre autres sur la contraception et a fait l’objet de critiques virulentes, même parmi les catholiques. Elle a notamment été accusée de favoriser l’épidémie de sida en interdisant aux couples tout moyen contraceptif autre que les méthodes dites naturelles (le calendrier, pour aller vite).
Extraits de la lettre : « Benoît XVI a rappelé le sens profond et l’actualité de cet encyclique. Exclure la possibilité de donner la vie "au moyen d’une action visant à empêcher la procréation signifie nier la vérité intime de l’amour conjugal", a déclaré le pape. La seule possibilité, ajoute le pape pour "suspendre" ou "espacer" une naissance doit être justifiée par des "circonstances graves" et se trouve "dans la connaissance des rythmes de fertilité de la femme".
Tout repose sur une logique de "donation intégrale des époux" l’un à l’autre qui doit être "sans réserve". Il rappelle que les "enfants ne sont pas seulement le but d’un projet humain, mais un don divin à recevoir avec générosité et responsabilité". »
Dans Zenit (3 octobre 2008), le P.Alain Mattheeuws, professeur de théologie morale et sacramentaire à Bruxelles rappelle que dans l’acte conjugal, il s’agit de respecter "le lien indissoluble que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation". Il souligne que poser l’acte conjugal en période infertile reste une expression de l’amour car il est "ordonné à exprimer et consolider l’union des conjoints". Il précise que la présence simultanée des significations "unitive et procréative" authentifie la vérité du don conjugal.
Revenant sur les méthodes naturelles, il souligne que ces dernières "sont reconnues scientifiquement fiables, mais sont peu connues du grand public et peu enseignées".
"Scientifiquement fiables"... Ça ne veut pas dire grand chose. Statisquement fiables, peut-être ... ? Il est vrai qu’elles marchent un peu plus d’une fois sur deux. Mais ce genre d’affirmation devrait désoler plus d’un scientifique, justement ...

Revenons donc avec jubilation et entrain à des discours plus coupables, comme ceux que l’on trouve sur l’excellent blog d’Agnès Viard (les 400 culs), à fréquenter sans modération. Ici, la légitimité scientifique n’est pas le critère principal, même si quelques études peuvent venir appuyer les propos. Or justement, dans son billet du 2 octobre 2008, au titre éloquent (masturbation sur ordonnance), elle cite le Dr Bénabar qui prescrit la masturbation à ses clientes et clients, parce qu’elle entretient la santé. Un exemple "scientifique" est donné : une étude australienne a montré que la masturbation réduit le risque de cancer de la prostate. Mais attention ! pratiquée 5 fois par semaine. On n’est pas là pour rigoler. C’est un peu l’inverse DU verre d’alcool par jour : plus il y en a, mieux on se porte. Il faut d’ailleurs parcourir les commentaires pour réaliser que certains doivent se porter rudement bien !
En attendant, Bush et Benoît ont une partie de la solution : la masturbation pour la santé physique et mentale. Ah ! non ! zut ! gâchis de la substance divine pour les hommes. Les femmes s’en tirent mieux, c’est pas juste.
Photo : sur un gopuram de temple populaire (Tamil Nadu, Inde du sud, 2008) © serge cannasse