Antibiotiques : cocorico !
juin 2009
Lu dans la
lettre d'information d'Annuaire Sécu numéro 355
du 7 juin 2009 :
Depuis le lancement du Plan national « Pour préserver l’efficacité des antibiotiques », marqué par la campagne “Les antibiotiques, c’est pas automatique” menée entre 2002 et 2007 par l’Assurance maladie, des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm collaborent avec la CNAM pour évaluer l’impact du plan sur la consommation d’antibiotiques des Français. Leurs résultats portant sur les années 2002 à 2007 ont été publiés dans la revue médicale internationale The Public Librairy of Science (PLoS) mardi 2 juin. C’est "la plus vaste étude d’analyse des retombées d’un plan national d’optimisation de la consommation d’antibiotiques jamais réalisée à ce jour", souligne Le Figaro (3-06).
Au final, les chercheurs ont observé entre 2002 et 2007 une baisse de 26,5 % de la consommation hivernale d’antibiotiques, baisse atteignant 30,1 % chez les enfants de moins de 6 ans et surtout une diminution de plus de 40 % du lien entre syndromes grippaux et prescription d’antibiotiques. L’objectif de réduction de 25 % fixé par le ministère de la Santé a donc été dépassé et notre pays affiche désormais "le meilleur résultat des pays de l’Union européenne, après avoir été le plus mauvais élève", constate Le Figaro.
Toutefois, l’étude française "ne parvient pas à identifier précisément les mesures les plus efficaces et applicables aux autres pays", souligne le Dr Hartbath, l’éditorialiste de la revue. Le Figaro relève ainsi que "le succès d’une campagne dépend de nombreux facteurs socio-culturels, du système de santé en place et du type de consommation d’antibiotiques. Chaque pays devra donc adapter son approche".
article du Figaro du 3 juin 2009
(voir plus bas : parler de "modèle" est excessif).
Evaluation du plan antibiotiques 2002-2007 par des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm
(Mypharma-editions.com).
En anglais :
L'article du PLoS
Le commentaire de la revue
Quitte à jouer les trouble-fête, ce commentaire signale que, non seulement on n’arrive pas à identifier les mesures les plus efficaces, mais que d’autres pays ont baissé leur consommation d’antibiotiques sans qu’il y ait de campagne d’information, que les campagnes de plusieurs pays se sont soldées par des échecs, que le rôle conjoint de la vaccination est difficile à estimer et enfin que la diminution de résistance bactérienne, qui est tout de même le but de l’opération, n’a pas été encore évaluée. Il faut également rappeler que la France partait d’un niveau particulièrement élevé de consommation d’antibiotiques et que, d’après certains experts (voir l’entretien avec le Pr Schlemmer sur Carnets de santé), c’est le plus facile qui a été fait. Enfin, quitte à être tout-à-fait désagréable (parce qu’il est vrai que malgré ces remarques, le résultat est tout-à-fait remarquable), on ne sait pas ce qui est loué : la baisse de consommation ou le niveau auquel elle est parvenue. Ce qui fait une sacrée différence !