Activités ménagères et activités rémunérées : une proposition de politique fiscale pour rétablir l’équilibre
avril 2009
Le site La Vie des idées propose un dossier sur « les nouvelles contraintes économiques, politiques, juridiques et symboliques qui pèsent sur les familles aujourd’hui. » Ecrits par des universitaires, les articles sont toujours intéressants, mais peuvent être rebuttants pour les lecteurs peu habitués à ce style d’écriture.
Parmi eux, il faut noter celui de l’économiste Elena Scantanelli, dont les travaux cherchent à « définir comment les salaires et les revenus des ménages influent sur le temps consacré par les époux à leur travail rémunéré, aux tâches domestiques et à l’éducation des enfants. »
Principaux enseignements : « La française type passe une heure par jour à s’occuper de ses enfants (de tous âges jusqu’à dix-huit ans) et consacre plus de trois heures par jour aux tâches ménagères. Son mari ne consacre pas de temps aux enfants et il passe vingt minutes par jour à s’occuper de tâches ménagères. » Cependant, « l’utilisation d’une définition plus large des tâches domestiques permet d’affirmer que le mari médian effectue environ un quart (26%) de toutes les tâches domestiques du ménage. (...) Certains maris prennent en charge la même quantité du travail non rémunéré du ménage que leur femme, mais ils ne représentent qu’une minorité de la population des maris » (un couple sur dix).
« Le temps consacré par les femmes à leurs activités domestique et parentale est indépendant du salaire de leurs maris. Au contraire, le temps consacré par les maris aux tâches domestiques et à l’éducation des enfants a tendance à augmenter avec le salaire de leur femme. »
« Lorsque le revenu du ménage est augmenté par des rentrées d’argent indépendantes du travail rémunéré – c’est-à-dire les loyers, les dividendes, les aides sociales, ou autres rentrées d’argent – les parents auront tendance à consacrer plus de temps aux activités non rémunérées telles que l’éducation des enfants et les tâches domestiques et moins de temps à leur travail rémunéré. »
« Les parents les plus instruits passent plus de temps avec leurs enfants que les parents les moins instruits. »
Enfin, « les femmes mariées consacrent plus de temps aux tâches domestiques que celles vivant en concubinage. »
L’auteur plaide pour une imposition séparée des revenus du couple. En effet : « Dans le système de déclaration conjointe des revenus, les femmes gagnant beaucoup moins d’argent que leurs époux auront tendance à être découragées de travailler puisque si elles se retirent de la vie active, le couple paiera beaucoup moins d’impôts, ce qui au final, risque d’être plus avantageux financièrement que d’engager une baby-sitter par exemple. (...) Pour un couple marié, le passage d’une déclaration conjointe à une déclaration séparée de revenus accroît le temps que les hommes consacrent aux corvées domestiques et diminue le temps qu’ils passent à leur activité salariée ; de l’autre côté, les femmes ont tendance à consacrer plus de temps à leur travail rémunéré et moins de temps aux tâches ménagères non rémunérées. »
Encore faut il avoir les moyens de payer des impôts ! ce qui est loin d’être le cas de tous les Français.